17/06/2026
Le premier juillet… et si on passait de Zuck… à …. Z ?
Restez connecté…
Monsieur Z. Enseignant en lycée pro. Chroniqueur. Padawan d’Enzo. Satyre esthète.
17/06/2026
Le premier juillet… et si on passait de Zuck… à …. Z ?
Restez connecté…
Dernière chronique pour être prof qui initialement s’intitulait :
Le ciel, le ministère et TA MÈRE
Il y a les saisons. Et les fameuses chroniques d’été. Les marronniers. En mode “chaud les marrons, chaud”. Et avec eux, les annonces du ministère de l’Éducation nationale. Mais les saisons, au moins, elles préviennent.
Les grandes instances, elles, découvrent chaque année avec un étonnement presque poétique :
qu’il fait chaud en juin ;
avec un vague concept fumant de réchauffement climatique mondial ;
que les examens tombent en juin,
et que les élèves transpirent quand on les enferme quatre heures dans un bâtiment construit sous Giscard avec des fenêtres qui s’ouvrent à 11 degrés d’inclinaison maximum.
Mais rassurez-vous. Comme chaque année, le Chef a parlé. Et quand le Chef parle… généralement, quelqu’un transpire : nous. Et la station météo gouvernementale fonctionne encore une fois avec des piles “qu’on a pas acheté les bonnes”.
Cette année encore, les fortes chaleurs sont arrivées avec la même violence qu’un élève qui découvre le coefficient d’une matière le 3 juin. Une matière où il n'est pas allé, car c’était tôt le matin.
34 degrés dans les classes. 36 sous les toits. Ah m***e, mais on est juste sous les toits !
42 degrés dans la salle informatique avec ses 20 PC qui soufflent comme des Boeing. Tu attends une hôtesse qui va arriver avec un verre d’eau glacé, mais elle est en arrêt maladie.
Mais ne vous en faites pas, tout est sous contrôle !
Selon les recommandations officielles :
il faut fermer les volets ;
boire de l’eau ;
et privilégier les salles les moins exposées.
"Monsieur, on peut ouvrir les fenêtres ?
- Non, elles sont bloquées.
- Et la clim ?
- C’est le vidéoprojecteur, mets-toi dessous et note la trace écrite en évitant de suer sur ta feuille !”
L’Education nationale nous demande donc de lutter contre la canicule avec un store cassé, une bouteille de Cristaline tiède et la puissance mentale d’un prof principal au troisième conseil de classe de la journée.
Un Koh-Lanta pédagogique. Ah non, même eux ils ont de l’eau ! Et avec l’été qui pointe le bout de son nez.
Les examens qui arrivent en tongs, shorty et coupe mulet
Le bac. Le brevet. Le grand moment républicain de l’année. Les gens en haut doivent gonfler le torse et l’exhiber. Poils frisottants apparents. Et avec eux, des milliers d’élèves en train de composer dans des salles où même un rôti de porc demanderait un droit de retrait…
Mais pas question de reporter les épreuves. Parce qu’il y a un calendrier… Le calendrier, cette créature administrative mythique plus puissante que la logique, la météo, Zeus, Ouranos, Hadès et Tibo in Shape.
Alors on adapte. On s’adapte. On déplace les salles. On distribue des gourdes. Ah non, y'a pas de budget gourde. On va prendre des bouteilles en plastique qu’on foutra dans les poubelles non recyclées de toute manière. “ Foutu pour foutu”.
On conseille de “s’hydrater régulièrement”…
Merci, sans cette recommandation révolutionnaire, Enzo serait probablement parti composer avec une canette de Monster tiède et trois Chocobons.
Et des chips saveur chorizo.Et pendant qu’on fond lentement comme un Babybel oublié sur un radiateur, les annonces continuent. Nouveau brevet. Nouveau barème. Nouvelles règles. Nouvelles compétences.
Toutes les années, un communiqué donne l’impression que les pontes jouent à Football Manager avec l’Éducation nationale. Mais en ligue 12.
“Finalement le brevet comptera davantage sur…”
“Ah non, maintenant ce sera…”
“Et les groupes de niveau…”
“Et l’orthographe…”
“Et les maths…”
Même Pronote commence à respirer fort, en mode malaise vagal
Le grand retour de l’orthographe punitive. Le patron a redécouvert un concept oublié : les fautes d’orthographe.
Oui… En 2025-2026, quelqu’un a rouvert un Bescherelle dans un bureau parisien. Et il a comparé avec une copie de Dylan, 16 ans.
"Il faudra davantage sanctionner les copies mal écrites au bac ; elles n’auront pas la moyenne si la syntaxe est trop incorrecte."
Très bien. Mais il fallait prévenir les élèves. Parce qu’actuellement, certains rendent des copies où :
les verbes sont en liberté conditionnelle ;
la ponctuation est en fuite ;
et les accords vivent cachés depuis plusieurs années ;
il y a plus de néologismes que dans un bouquin de l’Oulipo.
"Madame ‘sa’ s’écrit avec un c ou un s ?
- Ça dépend.
- Ah. Et ça s’écrit comment des pans ?”
Le plus beau étant cette capacité ministérielle à découvrir tous les ans les mêmes problèmes… comme si les copies apparaissaient spontanément dans des champignons pédagogiques. On leur avait bien dit qu'il n'y avait pas la mention plus-que-parfait dans les vidéos TikTok les plus consultées. Et que les livres se lisaient désormais sous IA.
Et dans ce laboratoire d’évaluation permanente, le brevet change. Le bac change. Les programmes changent. Les consignes changent. La météo change. Le seul élément stable dans l’Éducation nationale… c’est la sensation de ne plus comprendre les règles du jeu.
Les élèves demandent :“Mais du coup, ça compte combien ?”
Les parents demandent :“Mais du coup, il faut réviser quoi ?”
Les profs répondent : “Je suis perdu dans ma circulaire, le lien Éduc Nat ne fonctionne pas.”
Au fond, juin dans l’Éducation nationale, c’est toujours la même chose :
Le ministère fait semblant que les bâtiments sont adaptés.
Les établissements font semblant que la situation est gérable.
Les profs font semblant d’avoir encore de l’énergie.
Et les élèves font semblant d’être encore concernés.
Tout le monde transpire. Bryan n’est plus “in the kitchen” mais “ in the micro onde”.
Mais administrativement, tout va bien. Le plus fascinant dans cette histoire, ce n’est pas la chaleur. C’est notre capacité collective à continuer.
À surveiller des examens dans des salles à 35 degrés. À parler de “conditions optimales”. À expliquer des consignes pendant qu’un élève s’évente avec sa convocation en réfléchissant comment on conjugue le verbe choir.
Rue Grenelle, on appelle ça “maintenir la continuité”. Nous, plus simplement, on appelle ça : tenir jusqu’en juillet.
C’était donc ma dernière chronique pour être prof. Qui je pense ne pouvait plus décemment accueillir en son sein un Monsieur Z. Sorte de petit caillou pointu dans la chaussure pour des profs qui travaillent rue de Grenelle.
Adieu donc! Mais ne vous en faites pas. Z reviendra en septembre sur son propre site ( merci pour vos gentils témoignages ! ) sans censure. Sans Diktat.
Seulement du Z. Partagez donc cette dernière chronique post été. Et je reviens vite ici faire ma pub pour un ailleurs …. Le but. Migrer toutes et tous vers cette nouvelle page hors FB.
À très vite !
Bonjour bonsoir
Depuis plus de 7 ans. Cette page habite les bêtises de Z et une belle communauté.
Depuis plus de 7 ans j’écris des chroniques pour le web pédagogique. Puis pour le site Être prof. Qui étaient les réceptacles de mes bêtises. Bêtises que je relayais ici pour VOUS
Aujourd’hui j’apprends que le site être prof change de ligne éditoriale et me dit …. Bye bye …
N’est ce pas un signe du ciel. Ou de Jeanne d’Arc Michel Blanquer.
Que Z doit se renouveler.
Donc je me et je vous pose la question. N’est il pas temps de bâtir LE propre univers de Z. Son propre site ( sur worldpress) histoire de ne plus subir le dictat de Zuzu et des gens qui n’ont pas FB ( les jeunes hein ) …
Donc la question est la suivante… est ce que sur les 9000 zarpistes… quelques uns accompagneront votre serviteur. Feront de la pub. Sur ce nouveau site… pour en faire une jolie vitrine ?
Répondez moi nombreux. Et Z. Prendra sa décision
27/05/2026
Merci vraiment.
Monsieur Z. Evian pédagogique
Être prof au mois de mai : "T'es animateur de colo ou tonton marrant"
CHRONIQUE DU Z
Dans les dictons populaires, on nous a vendu le mois de mai comme une parenthèse enchantée.
Un moment doux, léger, presque libertaire :
“En mai, fais ce qu’il te plaît.”
Sur le papier, ça sent le soleil, les terrasses, la liberté retrouvée.
Dans un lycée… ça sent surtout la fin. Mais la fin lente. La fin molle. La fin qui traîne. L’encéphalo quasi plat mais tu hésites à débrancher.
En gros… un mois instable, flottant, imprévisible.Un mois où plus rien ne tient vraiment, mais où tout continue quand même, "histoire de". Car on parle de la reconquête du mois de juin. Sauf que la bataille est déjà bien faisandée en mai.
On entre pour faire cours… On se retrouve dans autre chose. Voici quelques idées…
Un aéroport low-cost
Certains sont déjà partis et d’autres attendent encore leur vol. Quelques-uns ont raté la correspondance depuis septembre. Et toi, t’es pas au mieux, puisqu’en plein jetlag pédagogique.
"M’sieur, je pars la semaine prochaine.”
- Mais on est en mai ?
- Ouais mais bon, mes parents y disent c’est moins cher hors vacances scolaires Disney."
Les cerveaux sont déjà en soute. L’école et nos cours deviennent une escale non désirée. Supplément soute.
Un bureau de négociation de start up
“Madame, si j’ai 15 et 16 là aux prochains devoirs, ça passe ?
- Tu as 4 de moyenne.
- Oui mais je peux remonter, non ?
- Je pourrai pas faire assez d’éval pour ça…”
Ils veulent sauver l’année en deux contrôles. Sans avoir levé le nez de leur smartphone de l’année. À croire que la remontada du PSG de jadis s’applique à l’héliotropisme et au travail d’Olympe de Bouge.
“Elle est pas de Marseille, elle ?”
Idem pour les épreuves du DNB ou du bac. Certains pensent pouvoir ingérer le contenu du programme en un mois style gavage des oies pour Noël, et modifier la perception des profs à grands coups de DM façonnés à l’IA. Ou comment passer d’aimable touriste à féru de travail, mais en restant en tongs/chaussettes.
Une zone blanche façon Massif central
Tu parles ; ils regardent. Un flux traversant la pièce, mais se perdant doucement dans l’atmosphère. Une étoile filante mais dont tu sais qu’elle va se crasher pas loin de la salle.
“Vous avez compris ?
- ...
- OUI OU NON, mais répondez ?
- De quoi Monsieur ?”
Plus de réseau pédagogique. Les vacances de Pâques et la chasse aux œufs semblent avoir complètement détruit toute connexion neuronale. Tu hésiterais presque à répéter ou taser l’ensemble de l’assemblée. Même le meilleur élève est aux fraises.
Un open space du n’importe quoi
Ça parle. Ça mange. Ça vit. Mais de manière autonome. Ta présence n’est plus indispensable. Elle est même complètement accessoire.
“Mais Madame, j’écoute !
- Tu es de dos.
- Mais j’écoute quand même.”
Tu n’es plus prof. Au mois de mai, tu es animateur de colo, gérant de confiserie ou tonton aux anecdotes marrantes.
Tu distribues encore des polycopiés et tu sens la forêt amazonienne qui te susurre à l’oreille que t’es un bel artisan de la destruction planétaire pour NAD
Une salle en SPTJ (syndrome post-traumatique journalier)
Tout le monde est fatigué. Tout le monde est déboussolé.
“On est quel jour ?
- Je sais pas.
- On a cours demain ?
- Bah non, c’est le pont, on a cours dans une semaine.
- Il est long ce pont, c’est un aqueduc.”
Entre les jours fériés, les jours rattrapés, les journées pédagogiques sur la thématique : quel jour pour rattraper les journées pédagogiques ? On ne sait plus sur quel pied danser.
Celles et ceux qui bossent en demi groupes sont obligés de jongler entre un groupe qui a fini le programme et l’autre qui vient de le commencer.
Le programme devient un concept à géométrie variable. La progression devient plus complexe que le multivers chez Marvel.
Une salle des profs en club de survie
“Tu fais quoi en mai, toi ?
- Je suis là."
Les regards sont vides, les cafés sont doubles. Les rires nerveux. Certains corrigent, d’autres regardent les copies comme un paysage en ruine. Certains parlent déjà de leur destination de vacances comme si on était aux portes de l’été.
Normal, en même temps… Tu passes de la doudoune au crop top sans avoir le temps de lancer une machine. Tu arrives le lundi matin et ta salle c’est juste le Piton de la Fournaise en moins accueillant.
"M'sieur, fait tarpin chaud, on peut ouvrir la porte ?
- Pas si vous mugissez comme des veaux, je tiens à mon poste de titulaire."
Au fond, en mai, tout le monde fait ce qui lui plaît. En gros. Les élèves quittent doucement l’année. Quand certains jettent leurs dernières forces dans la bataille. Avec des armes émoussées.
Les profs s’accrochent comme ils peuvent. Et le système continue d’avancer… Ils sont inspectés le vendredi soir à 15h00. Quand il n’y a plus que le factot'homme qui bosse.
On nous avait promis de ne rien lâcher et de travailler jusqu’à la dernière séance.
On a surtout appris à gérer le slow comme pas de danse.
Doucement. Tout doucement. Et à faire semblant, ensemble, que tout tient encore debout.
A lire et partagez en masse !!!
Chronique de Z : TA SALLE DE CLASSE
Dans les concours ou les formations, on nous a vendu une salle de classe avec un concept simple : quatre murs, des tables, des élèves, un ou une prof.
Sur le papier, c’était simple… Mais au milieu de tout ça, un flou artistique. Un bo**el organisé dans la réalité. Si vous voulez un petit résumé : c’est un espace instable, mouvant,imprévisible.
Un lieu qui change de nature toutes les dix minutes, selon l’humeur, la météo, la séquence péda et l’alignement des planètes hormonales du 32 petits cœurs qui battent la chamade ou sont proches d’un encéphalogramme plat.
On entre pour faire cours… On se retrouve ailleurs. Où ça ? J’ai bien quelques petites idées….
Une succursale EDF
Des multiprises partout, des câbles qui serpentent sous les tables, des élèves branchés en permanence. Impression d’être dans une centrale photovoltaïque, ou dans les coulisses de Coachella. "M'sieur je peux brancher ?” est devenu la phrase qui a remplacé "je peux jeter mon papier à la poubelle ?”.
Normal, y a plus de papier. Environnement connecté à outrance. Où sans portable à plus de 70% vous sentez les gamins dans l’errance. Tout le monde recharge : son tel, sa tablette, ses écouteurs, sa puff.
La nouvelle punition générale ? La coupure de courant.
Un confessionnal
“Madame j’ai pas fait le travail… mais c’est compliqué en ce moment.”
Ils avouent tout : le divorce de leurs parents, le mal de ventre de Tata, des cauchemars la nuit, des brocolis toujours mal digérés.
Et puis c’est l’escalade : leur crush hebdomadaire, le nom du coupable du pet de 9h45 que vous n’aviez même pas senti, la carte du parti politique laissé sur la table de Monsieur Truchard “qu’on sait maintenant pourquoi il nous aime pas!”.
Et vous, nappé dans votre silence et avec quelques hochements de tête, vous approuvez cette confession dont vous vous seriez bien passé.
Surtout qu’à la base, le devoir... C’était pour la semaine prochaine.
Une épicerie fine
Ça déballe, ça goûte, ça échange. En ces temps de mondialisation galopante, il n’est donc pas impossible que votre séquence sur les flux des marchandises voit son application à la vue de toutes et de tous.
Un sachet circule plus vite qu’un savoir
- un paquet de chips aussi. Ça mâchouille ça mâchouille, et ça digère.
OUI les élèves mangent, le matin, le midi, en fin de journée. Tout le temps. D’où cette atmosphère de pique-nique constant, sans nappe à carreaux, pendant que vous parlez.
À noter qu’au dernier CVL de l’établissement, une demande de micro-ondes a été faite, pour plus de variétés dans l’échange des plats.
Oubliez le Grec du quartier : c’est VOUS le Grec.
Un dortoir municipal
Têtes posées, yeux mi-clos, respiration régulière. Beaucoup ont déjà rejoint le pays des rêves bleus. Quand vous en êtes à peine à faire l’appel :
"Enzo ?
- Il dort m'sieur, le mettez pas absent il est là."
Certains ont déjà quitté le monde des vivants pédagogiques. Vous ne verrez que leur nuque, ou vous entendrez couiner un doudou dans une paluche pleine d’angoisse. Les ados ont besoin de sommeil, certes...
Mais à voir parfois le troupeau de Ronflex devant vous à 14 heures, vous vous posez la question de leurs activités nocturnes. Justicier dans les bas-fonds de la ville ? Livreur de pizza en trottinette ou Nosferatus de Temu ?
Et vous annonçant votre séance à mi-voix pour ne pas les réveiller, vous hésitez à baisser la lumière…
Un bureau de vote
Tout le monde a un avis, souvent très tranché… Mais sur une question que vous n’aviez pas posée.
"Oui m'sieur on a vu avec la classe on reporte l’interro. On vote pour regarder le film."
Trop de démocratie tue la démocratie. Vous insisterez davantage la prochaine fois sur vos valeurs intrinsèques: plus Kim Jong Un que Rocky 4.
Un théâtre amateur
Des soupirs, des regards, des drames. Le texte, celui de la leçon, reste pourtant profondément inconnu.
Mais vous ne pouvez nier qu’ils mettent souvent du cœur à l’ouvrage. A prendre des postures mélodramatiques là où vous aviez seulement demandé de ramasser le bout de gomme par terre.
"Oh, cruel ennemi, que nenni ! Je m’emporte de transports devant cette infamie.”
Enzo. Je t’ai vu la cracher cette gomme. RAMASSE. Des cris, des pleurs, des larmes qui coulent pour une copie médiocre. Du théâtre hors les murs pour des jeunes qu’on a envie d’envoyer. Contre les murs.
Une salle d'attente
“J’ai mal à la tête.
J’ai mal au ventre.
J’ai mal à l’école.”
Et vous, en parfait professeur Knock, vous devez jongler entre vos connaissances médicales limitées :
"Non Kendra, tu ne peux pas souffrir d’un loupus car ton chat t’a griffée. D’ailleurs, c’est lupus."
Souvent, devant ces débauches pandémiques et à l’absence d'infirmière compétente, vous enverrez les patients à la vie scolaire, sas des urgences pédagogiques devant l’Eternel.
Une plateforme de streaming
Écran allumé, regard absorbé, le contenu pédagogique lutte contre TikTok.
Ici, un petit chien en IA qui fait c**a.
Là, les déboires d’un mascu à qui on a ôté toute virilité en l’amenant voir une comédie romantique.
Et vous avec votre séquence sur la laïcité, bataillant âprement avec le replay d”une série coréenne, un jeu en ligne et ce même chien qui fait encore c**a.
Spoiler : TikTok gagne.
Notre école brûle et ils regardent ailleurs.
Un commissariat
“C’est pas moi. J’ai rien fait. C’est lui.”
Tout le monde parle. Vous en dernier. La vérité, elle, a quitté la pièce depuis longtemps. Vous aimeriez la suivre tant des fois, la fatigue vous guette quand vous endossez le rôle de ce vieil inspecteur désabusé à qui on confie toujours la même enquête :
"L'’affaire de l'éructation mystère", "L’étrange cas du kleptomane avide de 4 couleurs" ou encore "Le serial pompeur des évals d’histoire".
Au fond, une salle de classe n’est jamais une salle de classe…
C’est un lieu instable, un décor qui change sans prévenir, un espace où cohabitent la fatigue, le bruit, l’ennui, les tentatives, les abandons… et parfois, au milieu de tout ça, un semblant d’apprentissage. Entre deux tik tok et trois capri sun paille comprise.
Le seul élément fixe, normalement, c’est le prof. Et encore...
Si vous avez aimé … n’hésitez pas à partager !
29/03/2026
M’sieur je peux charger suis dans le mal….
Et Enzo est à 40%
Monsieur Z. Succursale EDF
Bruits de couloir : que cachent les conversations des élèves... et celles des profs ?
Monsieur Z.. LA CHRONIK DU MOIS
Mars n’est pas un mois spectaculaire. Vraiment, d’une banalité affligeante.
Il ne possède ni l’enthousiasme bruyant de septembre, ni la fatigue noble de juin.
Mars est un entre-deux moisi. Un ventre mou post-gastro.
Un couloir mi sombre, mi lumineux un peu trop long où l’on marche sans trop savoir pourquoi…
Dans ce couloir, les conversations s’accrochent aux murs comme des affiches du CVL mal collées. Elles naissent à voix basse, explosent parfois, puis disparaissent à la sonnerie suivante.
On pourrait croire qu’elles sont insignifiantes. Elles sont pourtant le cœur battant du lycée ou du collège, et de ma chronique du mois.
Voici ce que l’on entend, quand on tend vraiment l’oreille…
Côté élèves
Deux jeunes étudiants discourant de la temporalité fluctuante de l’existence et de l’imprégnation sentimentale au sein du couple :
"Elle m’a laissé un "vu".
— Depuis quand ?
— 9h12.
— Il est 9h18.
— Voilà. Elle est tarpin odieuse."
Un groupe de bambins cherchant une faille dans la conscience professorale et sa rude incorruptibilité :
"Si je vais la voir pour dire que j’ai pas fait son DM mais que je pleure, ça passe ?
— Avec qui ?
— La prof d’éco.
— Non, elle a des enfants."
Au même moment, deux jeunes femmes rebondissant sur le débat de temporalité et les aléas de la vie et du couple. Comme un effet papillon, mais sans le tsunami, tia compris…
"On n'est plus ensemble.
— Depuis quand ?
— Depuis la récré.
— Mais t’étais avec lui ce matin.
— Ouais, mais j’ai réfléchi."
Entendu à l’orée d’une évaluation qui aurait dû être préparée avec autre chose que le dernier Résident Evil ou la dernière trend Tik-Tok du petit chat qui fait des cupcakes avec ses petites papattes d’amour :
"J’ai combien de moyenne si j’ai 2, 3, 1 et 0 ?
— Bah… 1 ?
— Ah. M***e."
Un élève exclu discourant avec le délégué en se rendant à la vie scolaire où il prendra sans doute sa 123ème heure de retenue.
"En vrai, l’école, elle sert à quoi ?
— À avoir un travail.
— Mon cousin il travaille sans diplôme.
— Il fait quoi ?
— Il dort."
Ce même élève, d’une verve révolutionnaire, fomentant une rébellion digne de celle qui a mis fin à l’Empire galactique…
"Si on sèche tous, ils peuvent pas tous nous exclure.
— On est combien ?
— Deux.
— Ah. M***e."
Petit débat suite à l’inscription des élèves sur la plateforme Parcoursup :
"Plus t**d, je veux être riche. Gagner minimum 5K.
— Comment ?
— Je sais pas, je vais voir."
Ces drames sont immenses, les stratégies approximatives, les certitudes fragiles. On quitte quelqu’un entre deux sonneries. On redoute un regard comme une déclaration de guerre. L’existence tient parfois à une notification ou à une paire de baskets.
Et côté profs ?
Deux enseignants traitant du taux de motivation de retour de deux semaines de vacances :
"Ils sont fatigués.
— On est en mars.
— Qui ?"
Enseignant répétant pour son prochain spectacle qui sera celui de fin d’année où il sera sans doute honni par ses élèves :
"On va faire un petit contrôle.
— Petit comment ?
— J’ai pas mesuré, vous avez une règle ?"
Nouvel enseignant plein de fougue ayant décidé de prendre le taureau pédagogique par les cornes et de le mener au centre de l’arène :
"On pourrait mettre en place un projet transversal, regarde mon rétro-planning.
— Tu veux pas plutôt me montrer des photos de tes gosses avec la morve au nez, comme tout le monde ?
—Je n’ai pas d’enfants
—Je n’ai pas de projet."
Entendu en conseil de classe, souvent juste avant une diatribe entre le prof d’EPS et celle d’eco gestion :
"Il a du potentiel avec toi ?
— Oui.
— Il doit le garder pour lui. Il est sans doute meilleur avec un ballon qu’avec un stylo."
Enseignant en salle des profs hoquetant devant un paquet de feuilles, les yeux embués de larmes, fulminant devant son destin funeste :
"J’ai corrigé 25 copies.
— Alors ?
— Je regrette d’avoir appris à lire en CP."
Profs déambulant dans les couloirs comme dans la caverne de Platon, cherchant une source de lumière :
"On est quel jour ?
— Je sais pas.
— On est quelle semaine ?
— Je sais pas.
— On est vivants ?
— Je sais pas. Je sais plus. Je sors de 3 heures avec les 4ème B2."
Les adultes parlent moins fort, mais pensent plus haut. Ils négocient avec la fatigue, avec des programmes toujours plus absconds, avec le proviseur sur le prix de la machine à boisson. Ils promettent des contrôles courts, des réunions efficaces, des séquences organisées. Ils savent très bien que tout cela n’est qu’une illusion et qu’ils sont dans une matrice contrôlée par des forces obscures que n’aurait pas renié Lovecraft.
Mars ne fait pas de bruit. Pas même un bruit de pet de fin de journée en A206.
Il étire les journées, alourdit les pas, multiplie les conversations inutiles mais oh combien existentielles pour tout un chacun.
Dans le couloir, chacun avance avec ses urgences minuscules. Rien d’héroïque. Rien de tragique. Des destins qui se construisent et des carrières qui se délitent au profit d’une reconversion comme technicien de maintenance en milieu frigorifié.
Et nous, au milieu, qui écoutons...
Monsieur Z. plafonnier pédagogique.
13/02/2026
Elle est là la solution : parlez à vos enfants !
Et j’ajoute :
Dites leur comment utiliser un deo.
Arrêtez de les appeler quand ils sont en classe.
Évitez de partir voir Mickey le jour de l’eval
Ne leur demandez pas de garder mamie Suzanne une fois par semaine.
Monsieur Z. Ouais un p’tit coup de main
CHRONIQUE DE Z…..
On n'y échappera pas. Cette année encore, la Saint Valentin tombe un 14 février et nous, paisibles profs, sommes impactés par les flèches de Cucupidon.
Victimes collatérales d’une passion souvent dévastatrice pour nos séquences, nous devons gérer des élèves amoureux, pour le meilleur et surtout pour le pire.
Mais qui sont-ils, ces amoureux de la vie ?
Le Roméo tragique…
Vous le voyez adossé au mur, le regard dans le vide, le cheveu gras (pas le temps de se laver quand on est tragique) en train de psalmodier les récits des Labdacides.
Il soupire toutes les 90 secondes avant de poster une story avec une photo floue, généralement de dos ou face à un arbre mort. Inutile de lui parler d’un DM non rendu, de toute manière, la vie c’est de la crotte.
Phrase fétiche :
“De toute façon, personne ne me comprend, laissez moi dans ma sous-spleen."
Le loveur professionnel
Déjà en couple depuis 3 jours, mais avec 3 doss différents. "Une femme dans chaque porc” pour ce marin d’eau putride qui confond relation avec collection de canettes vides.
Il offre des roses en plastique, des colliers douteux et des mots doux d’une profondeur digne d’une carte Auchan.
En classe, il ne fait rien, car il doit gérer ses 30 mythos et quand vous l’appelez il répond pas cause ses douze identités différentes. A toujours du baume à lèvre saveur fruits de la passion et vous l’avez plus vu galocher que faire des phrases en français.
Phrase fétiche :
“On s’aime pour la vie.”
… La “vie”, en général, dure jusqu’à l’heure d’après en demi-groupe.
Le ou la cynique anti-Saint-Valentin
Celle ou celui qui déclare haut et fort :
“La Saint-Valentin, c’est une fête commerciale.”
Alors que vous étiez juste en train de faire l’appel.
Il ou elle va donc en parler avant, pendant et après avec toute un argumentaire, jugeant et méprisant tout ce qui se trame autour…
Tout en espérant secrètement recevoir ne serait-ce qu'un carré de chocolat ou la moitié d’un poème. Allez, au moins un vers.
Phrase fétiche :
“Vous avez pas l’impression d’être manipulés par une société capitaliste là ?!”
L'innocent(e) traumatisé(e)
N’avait rien demandé, mais se retrouve comblé de cadeaux à partir du 8 janvier. Cœurs en papier. Regards insistants dans les couloirs.
Vous demandera de sortir plusieurs fois durant votre cours pour vider la mémoire de son portable, car les vidéos de danse lascive, ça prend pas mal de gigas.
On retrouve des photos de sa personne sur tous les écrans de smartphone, dont la moitié générées par IA.
Phrase fétiche :
Aucune. Même sa voix est enregistrée.
La ventouse buccale
Toujours collé(e) à son/sa partenaire comme une huître sur un rocher en pleine marée basse ou noire. Vous ne le voyez jamais de face en dehors de votre classe, mais toujours sur le téco.
Dans les escaliers, il occupe toute la largeur, et ne semble pas se soucier que vous souhaitez passer. Parle de mariage, de concubinage et en classe, c’est mains sous la table, yeux de poisson mort amoureux.
Vous êtes comme devant un téléfilm Amazon Prime, ceux tournés dans les pays de l’Est.
Phrase fétiche:
“ Je peux récupérer la copie de ma femme/mon gars ?”.
Alors qu’il/elle a encore eu 2.
Le jaloux ou la jalouse pathologique
Passe la journée à surveiller le/la partenaire, les conversations, les photos reçues, l’air inspiré et expiré. Chaque regard ou inspiration peut être une preuve d’adultère.
En classe, il/elle a déjà fait un plan : rien à moins de 2 mètres. Peut provoquer baston, tension ou moment de malaise quand il/elle demande qui est Tata Gisèle. Au cas où ça soit PAS TATA GISÈLE.
Phrase fétiche :
“Pourquoi tu lui as parlé comme ça ?”
Spoiler : parce que c’est un être humain. C’est le prof de maths.
Le couple explosif
Ils s’aiment… en hurlant. Passent de câlins brûlants en pleine de séance d’EPS à des engueulades publiques à midi à la cantine devant le bol de frites.
16h : réconciliation théâtrale devant vous et votre évaluation sur la Révolution française.
Moments gênants lors de la demande des voeux lors du conseil de classe du premier trimestre (ce sont les deux délégués de classe).
Mais dispute quelques secondes plus t**d pour un avertissement d’assiduité. On ne les appelle plus par leur prénom, mais par ceux de Scène de ménage.
Phrase fétiche :
“On vous invitera à notre mariage !”.
Plutôt me faire écraser par un banc de soles.
Courage. L’année prochaine, ça sera peut être désuet. Comptez-y !