Jean-Pierre Willem

Jean-Pierre Willem

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Docteur en Médecine, Anthropologue, Ecrivain, Conférencier, Enseignant, Spécialiste des Médecines Naturelles.

03/07/2026

Glaucome

Le glaucome est une affection de l’œil caractérisée par l’augmentation de la pression intraoculaire, avec pour conséquence une lésion du nerf optique, provoquant une diminution du champ visuel (en périphérie au début, puis gagnant tout l’œil ensuite).
Cette augmentation de pression est le plus souvent lente, passant inaperçue, mais parfois elle est brutale et douloureuse. La tension intraoculaire ne doit pas dépasser 21 mm Hg.
Le terme de glaucome recouvre deux affections oculaires aux manifestations cliniques communes mais aux mécanismes physiopathologiques différents.

On distingue :

– Le glaucome à angle fermé : plus rare, survient brutalement après une augmentation brutale de la pression dans l’œil (par étroitesse de la chambre antérieure, blocage pupillaire, fermeture de l’angle irido-cornéen), responsable de crises aiguës (céphalées, nausées, vomissements, baisse majeure et brutale de la vision, cornée dépolie, pupille aréflexique, en semi-mydriase, œil induré à la palpation). Quand les pupilles se dilatent, elles ferment l’angle oculaire et bloquent la circulation des liquides. C’est une urgence médicale traitée en milieu hospitalier pour éviter de perdre l’œil.

– Le glaucome à angle ouvert : (angle entre l’iris et la cornée) le plus fréquent dû à la sclérose du trabéculum, avec diminution de la filtration de l’humeur aqueuse ; il s’agit d’une maladie familiale. La découverte en est le plus souvent fortuite.

Causes :
Les causes sont :
– une prédisposition anatomique de l’œil, une forte myopie,
– un traumatisme de l’œil (choc sur l’œil, plaie ou intervention chirurgicale),
– les suites de maladies oculaires (conjonctivites, kératites),
– les suites d’autres maladies (hypertension artérielle, hypothyroïdie, cancers, diabète),
– certains médicaments (lire les notices).

Symptômes :
Pour le glaucome à angle fermé : douleur violente, halos colorés autour des lumières, mal de tête, nausées et vomissements.
Pour le glaucome à angle ouvert, aucun signe pendant dix ans, puis vue périphérique brouillée, larmoiements, maux de tête après des efforts visuels, et enfin la cécité.

I. Glaucome aigu :
Dans le glaucome aigu l’œil est rouge, très dur et douloureux avec une baisse de l’acuité visuelle et un malaise général. La pupille est dilatée et ne réagit plus à la lumière (réflexe normal : rétrécissement de la pupille lorsqu’on l’éclaire). La cornée a un aspect laiteux et est entourée de vaisseaux dilatés au niveau de la conjonctive (cercle périkératique).

◆ Examens :
L’examen ophtalmologique permet de mesurer la pression intra-oculaire et l’angle irido-cornéen.

◆ Évolution et complications :
En l’absence d’un traitement rapide, une perte définitive de la vision de l’œil touché est inéluctable.

◆ Traitement classique :
Les médicaments utilisés en urgence ont pour but de diminuer le volume de l’humeur dans l’œil (diazoxide [Diamox®] et mannitol), ainsi que de rétrécir la pupille pour ouvrir l’angle et permettre l’évacuation de l’humeur avec un collyre (pilocarpine). Après la crise, une petite intervention au laser permettra d’ouvrir l’angle iridocornéen (iridectomie) et de prévenir ainsi les récidives.
Après une première crise, le traitement préventif est indispensable pour éviter une récidive.

II. Glaucome Chronique :
Affection touchant un ou deux yeux, caractérisée par une augmentation de la pression à l’intérieur de l’œil entraînant une souffrance des fibres du nerf optique. La cause est un ralentissement de l’écoulement de l’humeur contenue à l’intérieur de l’œil.

Le glaucome chronique touche 2 à 3 % de la population et est souvent d’origine familiale. Il débute en général vers 50 ans.
Au début, il n’existe aucun symptôme, ce qui fait la gravité de ce type de glaucome. Puis apparaissent des troubles au niveau du champ visuel qui s’aggravent lentement.
Le diagnostic est posé par l’ophtalmologiste en mesurant la pression intra-oculaire.
En l’absence de traitement, l’évolution se fait vers une destruction du nerf optique aboutissant à une perte de la vue (cécité).

◆ Traitement classique :
Le traitement initial est médical avec des collyres abaissant la pression intra-oculaire (bêtabloquants ou médicaments associés éventuellement à un médicament qui diminue le volume de l’humeur dans l’œil, tel que l’acétazolamide [Diamox®]) ; ces collyres ont comme effets secondaires la sécheresse des muqueuses, l’irritation des yeux et la fatigue, en cas d’échec du traitement médical, la chirurgie au laser sera utilisée pour permettre une meilleure évacuation de l’humeur aqueuse.
La meilleure prévention est un suivi ophtalmologique régulier à partir de 45-50 ans avec une mesure systématique de la pression intra-oculaire.

Homéopathie :
L’homéopathie et une meilleure hygiène de vie peuvent bien ralentir l’évolution du glaucome en baissant la tension oculaire.

I. En crise aiguë (angle fermé) :
Traitement à prendre en attendant d’aller à l’hôpital.

Prescription :
– aconitum napellus 9 CH, apis mellifica 15 CH, glonoïnum 7 CH, prunus spinosa 7 CH, 5 granules de chaque toutes les vingt minutes. Ne pas rester dans le noir, pour déplier l’iris, même si la lumière fait mal, masser doucement les globes oculaires, mettre des compresses d’eau chaude ou froide suivant le soulagement apporté, respirer doucement et profondément.
– aconitum napellus 9 CH, douleur violente, intolérable, avec agitation et sensation d’œil trop gros, apparaissant la nuit, souvent après un coup de froid.
– apis mellifica 15 CH, douleur comme une piqûre ou une brûlure, calmée par le froid, œdème rose des paupières, larmoiement irritant, abondant. C’est un bon remède contre l’œdème au niveau de l’angle oculaire.
– glonoïnum 7 CH, yeux congestionnés, semblant proéminents, injectés de sang, pupilles dilatées, peu de photophobie, tête congestionnée, avec battements violents dans la tête et le cou, visage rouge et chaud, amélioration par le froid, tendance à l’hypertension et aux palpitations.
– prunus spinosa 7 CH, douleurs brutales des globes oculaires (comme s’ils allaient éclater), aggravées à la moindre secousse, améliorées par un larmoiement, irradiant au front et à l’occiput.
– spigelia anthelmia 7 CH, douleur débutant à l’occiput, irradiant au front et à l’œil, empêchant tout mouvement oculaire, en fin de nuit (lever du soleil), avec larmoiement, tendance aux palpitations.

II. Traitement de fond (angle ouvert) :
– natrum mur 9 CH, phosphorus 9 CH, œil 7 CH, aurum metallicum 7 CH, 5 granules de chaque matin et soir pendant plusieurs mois.
– natrum muriaticum 9 CH, remède du troisième âge, tissus déshydratés, déminéralisés (sclérose des tissus de l’œil et troubles de l’accommodation), vue floue (comme à travers un voile), impression de lettres qui se mêlent.
– phosphorus 15 CH, brouillard autour des objets, halo verdâtre autour d’une lumière, voile devant les yeux, la vision s’épuise en lisant, les lettres apparaissent rouges. Atrophie du nerf optique, tendance aux hémorragies, rétinite avec hyperémie, choroïdite.
– œil 7 CH pour essayer de régénérer les tissus de l’œil.
– aurum metallicum 9 CH, yeux congestifs et douloureux, artériosclérose au fond d’œil, comme un voile sur la partie supérieure du champ visuel, points brillants et corps étrangers semblant flotter, tension oculaire élevée, yeux douloureux au toucher.
– stannum metallicum D8 collyre Weleda, donne de bons résultats, sans effets secondaires. la tension oculaire baisse grâce à ce collyre.

Alimentation :
Éviter alcool et tabac. Régime crétois. Antioxydant : beaucoup de fruits et légumes, particulièrement les myrtilles (fruits). Éliminer les aliments qui pourraient être allergisants et provoquer un œdème dans l’œil. Faire des cures sans laitage et sans gluten, et contrôler si la tension des yeux baisse. Antioxydant (pour éliminer les radicaux libres), oméga-3 (associé à oméga-6), vitamine A, vaccinium myrtillus, curcuma.

Conseils :
L’hygiène de vie est très importante : une alimentation saine, du sport, de la relaxation, s’exposer raisonnablement au soleil, sans lunettes de soleil (le soleil fortifie les yeux) et faire de la gymnastique oculaire (mouvements des globes oculaires selon la méthode Bates).
Je préconise l’acupuncture et l’ostéopathie. Les contractures cervicales ont un effet nocif sur la vue.

Compléments alimentaires :
Laboratoire COPMED (tel : 05 49 28 01 36) :
- Vision premium (lutéine, astaxanthine, myrtille, zinc, sélénium) : 2 gélules le matin 1 gélule à midi
- EPA-DHA ultra concentré : 1 cuillère à café lors d’un repas
- ADN Regen Nucléotides : 3 gélules par jour + verre d’eau
- Magtorine (magnésium, taurine, vitamine B6) : 2 gélules avant les 2 repas
- Ubiquinol 100 : 1 stick après un repas (laisser fondre en bouche jusqu’à dissolution)
- Vitamine D3 végétale : 4 gouttes en bouche

Labo Han Biotech (tel 03 88 23 58 31 ) :
- Kitosome vision (lutéine, zéaxanthine, vitamine C, zinc) : 2 gélules matin et soir avant les repas : 3 à 4 mois / Boite de 90 gélules pour 1 mois

L'effet positif sur la vision intervient au fur et à mesure du renouvellement cellulaire oculaire, se manifeste tangiblement environ un mois après le début de la prise, et continue à s'améliorer avec le maintien d'un apport aussi constant et prolongé que possible !

L'amélioration est très concrète et manifeste sur la plupart des troubles de la vision... myopie, presbytie, vision nocturne, cataracte, DMLA et glaucome et démontre tangiblement l'efficacité du KITOSOME, comme stimulant et régénérant des cellules des différents tissus oculaires, mais aussi comme vecteur-transporteur et potentialisateur de la lutéine, de la zéaxanthine et des anthocyanes, au niveau de ces mêmes cellules.
À associer aux myrtilles (chez Picard).

19/06/2026

Les joies et les méfaits de l’été

La chaleur est de retour et elle va frapper fort. Deux semaines après l’épisode caniculaire survenu fin mai, la France sera, encore, en surchauffe. Une flambée bien différente de la première est annoncée à partir de mercredi. On fait le point et on compare ce qui nous attend avec ce que nous avons vécu en mai.

Les oiseaux migrateurs sont revenus, les minijupes réapparaissent, les enfants plongent dans les fontaines, on chante « L’été indien » de Joe Dassin :

♫ On ira où tu voudras, quand tu voudras
♫ Et l’on s’aimera encore, lorsque l’amour sera mort
♫ Toute la vie sera pareille à ce matin
♫ Aux couleurs de l’été indien
Les familles rejoignent les plages ou les cours d’eau.

I. Les noyades :

Un premier épisode caniculaire d’une précocité inédite, six jours durant lesquels les températures s’envolent, et déjà au moins huit morts par noyade comptabilisés dans la presse : l’équation a de quoi inquiéter.

Cette liste non exhaustive, dont on peut craindre qu’elle évolue vite avec des vagues de chaleur amenées à se répéter, questionne, certes, les responsabilités individuelles – la prise de risques des plus jeunes, l’imprudence des plus âgés –, ainsi que la méconnaissance des dangers liés aux activités aquatiques, de surcroît dans des zones interdites à la baignade. Mais elle place aussi sous les projecteurs l’enjeu de la surveillance des baignades, alors que la saison estivale n’a pas encore commencé.

Les noyades sont la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans. Axel Lamotte, de la Fédération française des maîtres-nageurs sauveteurs, plaide pour une « éducation aux risques aquatiques », allant au-delà du test en piscine aujourd’hui passé par les élèves en 6ème : « L’école fait bien passer un brevet de sécurité routière. Dans le contexte actuel, un brevet de sécurité aquatique qui serait renouvelé à l’adolescence, me semble essentiel. » Mais les premiers coupables sont les parents qui ont négligé leur devoir.

II. La flambée de nos forêts :

Chaque année c’est le même scénario dramatique. Des milliers d’hectares de nos belles forêts du Sud de la France vont devenir un désert lunaire. Et pourtant on s’est préparé pour éviter cette catastrophe écologique, on dispose de miradors, d’hélicoptères, voire de drones pour survoler le territoire.
C’est oublier que les premiers coupables sont des jeunes pompiers qui avec leur briquet enflamment l’herbe. Ainsi ils vont pouvoir faire la démonstration de leur capacité. Mais c’est oublier que l’homéopathie peut démasquer l’intrus. Pour cela on dispose d’un remède qui représente le comportement particulier des pyromanes.

HEPAR SULFUR, LE PYROMANE :

S'il n'était que coléreux, violent, voire agressif, s'il se contentait de briser les objets ou d'éventrer les jouets de ses frères et sœurs, le jeune pyromane ne serait pas forcément facile à reconnaître. Mais ce petit « ange » a une caractéristique aisément identifiable : sa fascination pour le feu. S'il se contente de rester hypnotisé par la flamme d'un briquet ou le feu dans la cheminée, ce sera un moindre mal ; les ennuis commencent sérieusement lorsqu'il s'avise de jouer à son tour avec le feu et là, tout est possible... Peut-être se contentera-t-il de faire brûler une à une quelques dizaines d'allumettes, peut-être aussi laissera-t-il libre cours à ses tendances pyromanes...
Quoi qu'il en soit, le petit Hepar Sulfur mérite qu'on le surveille... comme le lait sur le feu !

Une fascination ancestrale pour le feu :

Depuis les origines de l'humanité, le feu occupe une place particulière dans notre imaginaire. Source de chaleur, de protection et de progrès, il possède également un pouvoir de destruction considérable.

Les neurosciences montrent que les phénomènes lumineux et les flammes captent spontanément l'attention du cerveau humain. Cette attraction naturelle peut, chez certaines personnalités vulnérables, prendre une dimension pathologique.
Comment le reconnaître ? Par chance, un certain nombre de symptômes peuvent aider à l'identifier. Ainsi l'attention peut-elle être attirée par une lèvre supérieure proéminente ; parfois, c'est l'odeur fétide (« de vieux fromage ») de sécrétions nasales ou d'un écoulement d'oreille qui mettra en éveil, d'autant que les suppurations se répètent très fréquemment ; parfois encore, c'est la survenue de douleurs intenses, comme si des échardes étaient fichées dans le corps, ou bien l'existence d'une toux rauque, aboyante, après minuit, qui feront évoquer Hepar Sulfur chez un enfant frileux et perpétuellement de mauvaise humeur...

Les rêves de feu sont le prolongement inconscient d’agressions cutanées ou métaboliques. Durant la nuit, la physiologie se ralentit et la chaleur du lit aggrave l’épiderme. La fonction respiratoire peut être altérée. Les apathiques anxieux rêvent de feu. Hepar Sulfur est souvent amorphe pendant le jour, son instinct justicier éclate pendant la nuit sous la forme de rêves de feu, contrepoids des actes manqués du jour. Tous les prurits peuvent s’accompagner de rêves de feu.

Consultation chez l’homéopathe :

Le jeune L., dix ans, vient accompagné de sa mère qui expose son histoire. Elle a eu toutes les peines du monde à l’élever. Dans sa première année, sans raison valable, l’enfant était insomniaque, hurlait, présentait des éruptions suintantes qui aggravaient son excitabilité. Elle doit abandonner son métier de monteuse de films pour prendre un emploi de femme de service dans les écoles et se consacrer davantage à l’éducation de cet enfant si difficile. L’insomnie a persisté et le malade a rapidement perdu confiance dans le corps médical, qui s’acharne à combattre des effets sans situer la réalité du vécu d’un malade, vérité complexe que l’interrogatoire homéopathique peut dépouiller. Il arrive si souvent de confier au médecin une vérité partielle qui voile des racines cachées.

L’interrogatoire homéopathique synthétise l’information et c’est à partir de la frilosité, des éruptions, du mauvais état de la gorge qu’Hepar sulfur est prescrit. L’enfant revient après deux mois, équilibré, de meilleure humeur, et surtout avec un meilleur carnet scolaire. Sa mère nous remercie et, au moment de la séparation, nous dit : « Et en plus, il a perdu l’habitude de jouer avec les allumettes. » Ce genre de propos conforte - ô combien ! - le médecin dans la loi de similitude car tous les pyromanes sont justiciables d’Hepar sulfur.

L’attirance d’Hepar sulfur pour les allumettes a toujours été une interrogation. Certes, ce lymphatico-nerveux, indolent, a des pointes d’autoritarisme : il présente de longues périodes d’inertie apparente, entrecoupées de passages à l’acte violents et instantanés. Ce Carbonique a une tendance angoissée qui n’est pas très apparente dans l’enfance, il paraît doux, plastique, mais une analyse plus attentive révèle la décharge de l’anxiété par l’agressivité.

Nous autres homéopathes avons toujours relevé chez les jeunes sujets Hepar sulfur pyromanes ce côté passif, imaginatif, avec cette attirance pour l’éclat magique de la chandelle, de la flamme, qui se développe très tôt dans l’enfance.

Ainsi un jeune patient traînait son père vers l’église, non pas pour en faire un fidèle, mais pour regarder les cierges allumés. Plus t**d, il se passionna pour les fêtes foraines, les lampions, les feux d’artifice, la magie des flammes dans une cheminée. Ce jeune artificier tenait à s’occuper seul du feu ; alternant avec de longues périodes d’apathie, ses pulsions brusques envers le feu le valorisaient, il devenait un éphémère et impitoyable rédempteur.
Cette description doit mettre sur la piste du pyromane les officiers pompiers. C’est ainsi que le Sud de la France sera épargné… en partie !

Amis lecteurs, veuillez m’excuser d’évoquer un aspect bien particulier de l’homéopathie auquel certains n’adhèrent pas.
Vous qui me suivez, vous disposez d’un remède qui décrit tous vos symptômes et les défauts qui s’y rattachent mais aussi, souvent… des surprises.

Belles vacances !

Traitement de la dépendance par l’ibogaïne à la Clinique MedicoMente – Kiev, Ukraine 12/06/2026

Le sevrage des drogués

En France pour la cocaïne : 1,1 million de consommateurs annuels, 200.00 sont dépendants à la cocaïne. Pour l’héroïne : l’usage est beaucoup plus rare, autour de 300.000 usagers.
La cocaïne est devenue le stimulant illicite le plus consommé tandis que l’héroïne reste moins répandue mais associée à des risques sanitaires plus élevés.

En 2024, environ 200.000 personnes ont reçu un traitement par agonistes opioïdes (méthadone, buprénorphine, etc…)
Notre pays est ravagé par les narcotrafiquants. Par 3 fois dans mes newsletters j’ai signalé que l’Iboga Tabernanthe, un arbuste (qui pousse au Gabon et au Cameroun) était apte à leur venir en aide et les libérer de leur addiction.

En 1962, G. Lotzof, un héroïnomane, a mené ses propres recherches, qui ont montré que l’ibogaïne peut soulager les symptômes du sevrage de l’opium et aide à se débarrasser de la toxicomanie, et des pensées imposantes du besoin de drogue.
Le traitement de la dépendance à l’ibogaïne est proposé par de nombreuses cliniques de toxicomanie dans les pays où cette drogue ne figure pas sur la liste des interdictions (l’Europe et certains pays du continent américain).
Petit arbuste des sous-bois de forêt très répandu jusqu’au littoral, souvent cultivé à proximité des cases indigènes comme plante magique.

En thérapeutique, les écorces de racines produisent des effets stimulants dans les asthénies physiques et intellectuelles et antitoxiques à faible dose dans les convalescences des maladies infectieuses. Mais en plus grande quantité, la racine d’Iboga est un hallucinogène dont l’emploi est réservé aux cérémonies d’initiation à diverses sociétés, le Bwiti chez les hommes, l’Ombuiri chez les femmes.

L’absorption des râpures d’écorce de la racine détermine une sorte d’ébriété, d’hébétude, de torpeur puis on voit apparaître les manifestations hallucinatoires. Les cérémonies initiatiques éprouvantes, entrecoupées de périodes de somnolence et d’excitation, durent plusieurs jours.

L’Iboga doit ses propriétés à des alcaloïdes indoliques dont les principaux sont l’ibogaïne et la tabernanthine. Ces alcaloïdes sont des excitants du système nerveux central. Ils sont antagonistes des barbituriques et agissent sur le comportement des animaux en augmentant leur curiosité et leur faculté à résoudre un conflit.
Ils possèdent une activité anticholinestérasique et empêchent l’hydrolyse de l’acétylcholine, ce qui m’a permis de l’intégrer dans le traitement de la maladie d’Alzheimer en carence d’acétylcholine.
Mais surtout on s’intéresse à l’action antidrogue de l’ibogaïne. En donnant aux doses élevées de 500 mg à 1 gramme, on constate chez l’héroïnomane et le cocaïnomane un stade d’excitation puis d’hallucination et un sommeil profond de quelques heures. Mais au réveil le sujet ne ressent plus le besoin d’héroïne ou de cocaïne. Il y aurait interférence de l’ibogaïne sur les récepteurs de ces drogues. Deux brevets ont été déposés dans ce sens (LOTSOF).

Il y’a 25 ans un Gabonais, initié à la technique est venu en France et a pu traiter avec des résultats probants des drogués. Après 3 semaines le gouvernement l’a expulsé, en revanche en Ukraine le message a été reçu.

Lors de mon séjour en Chine pour enseigner les médecines alternatives je me suis permis de leur annoncer les bienfaits de l’ibogaïne dans la toxicomanie. Aussitôt le ministre chinois a pris contact avec l’ambassadeur gabonais, j’attends la suite…

Les produits contenant le chlorhydrate d’ibogaïne n’ont pas de statut juridique, ils appartiennent au groupe des substances biologiquement actives. Ils ne sont pas inclus dans la liste des substances interdites et peut être utilisé par les cliniques sous la supervision de médecins experts, à condition qu’il existe un protocole interne approuvé pour une utilisation basée sur le protocole FDI États-Unis.

La thérapie par l’ibogaïne est reconnue comme un traitement alternatif efficace pour la toxicomanie. Un alcaloïde obtenu à partir de l’écorce de la racine d’iboga agit sur les récepteurs de la sérotonine et des opioïdes, diminue leur sensibilité et bloque l’apparition de l’euphorie. L’effet psychédélique de la drogue permet au toxicomane de résoudre son problème, de faire face à la drogue et de faire un pas conscient pour changer sa vie pour le mieux.

Aujourd’hui l’ibogaïne est utilisée pour le traitement de la dépendance à l’opium, au crack, à la cocaïne, à l’héroïne, à l’amphétamine, à la méthadone et à un certain nombre d’autres stimulants synthétiques.

Une clinique de désintoxication :
Le traitement par l’ibogaïne en Ukraine peut être effectué au centre médical de la toxicomanie moderne «MedikoMente» à Kiev. Les nombreuses années d’expérience des médecins de la clinique confirment que le sevrage médicamenteux après traitement composé d’extrait de racine d’iboga est observé plus souvent qu’après avoir subi un traitement utilisant d’autres méthodes et même sur la base de protocoles internationaux généralement acceptés.

Une caractéristique du traitement de la toxicomanie par l’ibogaïne à Kiev est que les doses du médicament à base de chlorhydrate d’ibogaïne ne génèrent pas de dépendance – ni physique ni mentale.

La thérapie permet de soulager le syndrome de sevrage sévère, de survivre aux symptômes de sevrage et de subir une désintoxication avec un minimum d’inconfort.
L’efficacité du traitement de la toxicomanie et de l’alcoolisme par l’ibogaïne.

Selon les données publiées par l’Association multidisciplinaire pour la recherche psychédélique, 80 à 85 % des toxicomanes et des alcooliques après un traitement à l’ibogaïne n’ont pas consommé de drogues ou d’alcool depuis au moins un an.
D’autres études sur les effets de l’ibogaïne en association avec une psychothérapie, ont montré que 61% des toxicomanes du groupe témoin ont sciemment cessé de consommer de la cocaïne, du crack et du cannabis.

Les médecins de la clinique MedikoMente ont une vaste expérience dans le traitement de diverses dépendances ; ils ne prescrivent un traitement à l’ibogaïne qu’après un examen médical approfondi et détaillé, qui comprend la restauration de tous les organes et systèmes métaboliques.

Avant de commencer le traitement, une désintoxication complète de l’organisme des drogués, de l’alcool et de leurs produits de désintégration est indispensable pour prévenir les complications possibles qui peuvent apparaître en raison des doubles effets des drogues et de l’ibogaïne.

La thérapie est effectuée exclusivement en milieu hospitalier dans une salle médicale équipée, afin d’éviter les risques et les effets secondaires, et d’exclure objectivement l’éventuelle prise de drogues et d’alcool immédiatement avant l’intervention, auquel le patient peut avoir accès à l’extérieur de la clinique.

Toutes les conditions nécessaires pour séjourner dans le centre médical :
• La thérapie par l’ibogaïne est effectuée uniquement en combinaison avec des thérapies spécifiques complémentaires.
• Un accompagnement psychologique professionnel. Les spécialistes de la clinique aident le patient à prendre une décision éclairée pour arrêter de consommer d’autres médicaments inadaptés.
• L’objectif principal est de vaincre la dépendance, de résoudre certains problèmes psychologiques sans l’aide de substances psychotropes, et de le réconforter, afin qu’il reparte libéré de toute aliénation.

Pour prendre le rendez-vous :
• passer un coup de téléphone +38-095-550-85-25
• écrire une lettre de motivation à cette adresse électronique: [email protected]
• remplir le formulaire sur le site de la clinique https://medicomente.com/kontakty/
Les consultations sont données à l’adresse suivante: rue Medovaya, 10, station de métro «Kalina», village de Gnedino, district Boryspolsky, région de Kiev
Si nécessaire, ils effectuent le transfert des patients depuis les gares ferroviaires et aériennes de la ville de Kiev.
https://medicomente.com/traitement-de-la-dependance-par-libogaine-la-clinique-medicomente-kiev-ukraine/

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Or je ne puis malgré ses sourires et ses bonjours, la reconnaître en une dame aux traits tellement déchiquetés que la ligne du visage n'était pas restituable. C'est que depuis trois ans elle prenait de la cocaïne et d'autres drogues.
Proust, le Temps retrouvé,

Les sujets de cette espèce (...) sont tout comparables à des intoxiqués ; et l'on observe en eux, dans la poursuite de leur mort, la même obstination, la même anxiété, les mêmes ruses, la même dissimulation que l'on remarque chez les toxicomanes à la recherche de leur drogue.
Valéry, Rhumbs,

Toute drogue modifie vos appuis. L'appui que vous preniez sur vos sens, l'appui que vos sens prenaient sur le monde, l'appui que vous preniez sur votre impression générale d'être.
Henri Michaux, Connaissance par les gouffres

Traitement de la dépendance par l’ibogaïne à la Clinique MedicoMente – Kiev, Ukraine La thérapie par l’ibogaïne est reconnue comme un traitement alternatif efficace pour la toxicomanie. Un alcaloïde obtenu à partir de l’écorce de la racine d’Iboga agit sur les récepteurs de la séro…

05/06/2026

Edgar Morin, la mort d’une légende

Il a rendu son dernier souffle à Montpellier le 29 mai 2026 à l'âge de 104 ans. Ce grand baroudeur humaniste a vécu plus d’un siècle et n’en a pas gâché une minute. Éternel optimiste, Edgar Morin ? Passionnément curieux de l’aventure de la vie, assurément. « Bien qu’à mon âge beaucoup de choses se soient rétrécies, mes amis, mon audition, ma capacité de gambader, je ressens toujours la poésie de vivre, de marcher au soleil », confiait-il à l’occasion de ses 101 ans. Le vieux sage partageait alors sa vie entre Marrakech, au Maroc, et Montpellier (Hérault). C’était là, dans le Sud, que ce fils de Levantin avait choisi de se fixer.

Je connaissais bien ce baroudeur humaniste, j’étais même devenu son ami. Pour connaître un homme il faut tenir compte des premières années de sa vie. Lorsque naît Edgar Nahoum, le 8 juillet 1921 à Paris, dans une famille juive originaire de Salonique, ses premières minutes sont en suspens entre la vie et la mort. Sa mère, Luna, avait caché à son mari, Vidal, que l’enfantement lui était proscrit par la médecine en raison d’une lésion au cœur causée par la grippe espagnole, contractée en 1917. Mais l’enfant et la mère survécurent, dans une indéfectible adoration mutuelle. Jusqu’à cette déflagration que subit le jeune Edgar : alors qu’il va sur ses 10 ans, Luna meurt d’une crise cardiaque le 26 juin 1931. Un « Hiroshima intérieur », confiera-t-il. Dès lors, il devra, selon une phrase d’Héraclite qu’il fera sienne, « vivre de mort, mourir de vie ».
De ce trauma, des non-dits qui l’ont entouré, Edgar Morin ne se remettra jamais, comme il l’a confié dans son livre « L’Île de Luna » (Acte Sud, 2017), un écrit de jeunesse gardé sous le coude.
Ce drame sera fondateur : pour combler l’absence maternelle, le jeune orphelin puise dans la force de ses rêveries. « J’ai pris très tôt conscience du tragique de l’existence, tout en étant tenaillé par un besoin d’amour inassouvi, de fraternité aussi. J’ai été un enfant très solitaire et, dans cette solitude totale, je me suis cultivé. J’ai lu, je suis allé au cinéma, j’ai écouté de la musique, visité le Louvre. Bref, je me suis formé ».

Jusqu’au bout, il a croqué la vie à pleines dents ; il était à la fois un grand humaniste et un éternel adolescent qui aimait la fête, la danse, l’amour. Un petit juif du Sentier devenu l’un des grands penseurs de son temps, c’est cela l’histoire d’Edgar Morin. Je me suis rendu à tous ses exposés, je m’asseyais au premier rang.
Tous ces aspects, les nombreuses personnes qui assistaient à ses conférences l’ignoraient. J’étais devenu son fan : je l’écoutais bouche bée. Tous les concepts philosophiques devenaient compréhensibles à la fin de l’exposé. Lors des séances de questions il m’arrivait de le taquiner : « Comment un inculte peut saisir votre philosophie ? » C’était un stratagème pour l’approcher de plus près.
Je me suis rapproché de sa fille qui avait deviné mon manège : « Pas de problème, monsieur ! Il est disponible. » Nous nous sommes rencontrés maint fois, faisant défiler nos vies.

Commençons par la 2ème guerre mondiale : il est résistant et prend alors le pseudonyme de Morin. Je lui signale que je fus à 5 ans un enfant de la Résistance. Il me fixe et veut en savoir plus.
J’habitais un petit village non loin de Sedan où s’était installé la kommandantur du 3ème Reich. Lors de son passage, le commandant allemand me remarque et m’embarque dans son Dodge. Le village s’affole, le responsable local de la résistance est sur le qui-vive, ma mère est épouvantée. Il s’empresse de venir la retrouver pour expliquer son geste.
« Madame, je viens de perdre mon fils d’une méningite et je suis au désespoir, il m’arrive de pleurer. J’aimerais que votre fils vienne régulièrement dans mon bureau. » Le responsable local de la résistance est aux anges. Il contacte son chef. Contraint forcé, je me rends au siège de la kommandantur. Ma mission sera de récupérer les précieux documents que l’officier allemand recevait de sa hiérarchie. Je les ramenais dans mon cartable, ils étaient ronéotypés puis je prenais bien soin de les remettre dans la pile.
35 ans plus t**d, le maire du 10ème arrondissement de la capitale retrouve ma trace et organise un repas avec tous mes amis. Il me décore de la Médaille de Paris (à l’époque des faits, j’étais trop jeune pour la Légion d’Honneur). Surprise : le maire et ancien général des pompiers était un ancien chef de la Résistance. Edgar Morin en reste pantois.

Edgar était particulièrement intéressé par mes rencontres avec Che Guevara qui guerroyait dans la région des Grands Lacs en Afrique à l’époque où je m’y trouvais. C’est un autre personnage que je lui révèle : le docteur Ernesto Che Guevara voulait être un biologiste aussi célèbre que Pasteur mais les circonstances l’ont amené à Cuba en pleine révolution. Edgar est stupéfait d’apprendre que le Che voulait créer une association humanitaire avec moi et parcourir la planète. Mais cette aventure s’arrête là : il sera blessé et fusillé en Bolivie par un sergent qui mourut d’un cancer à Cuba.
Les échanges avec Edgar deviennent une partie de ping-pong. Je suis un nain face à ce géant bardé de connaissances. J’aime lui parler de la mort que je crains. « Mais tu es chrétien, pourquoi la redouter ? » me demande-t-il alors. « Vous, les chrétiens, vous espérez retrouver votre famille, vos proches, vos amis. Que veux-tu de plus ? »

J’ai beaucoup parlé de la mort dans « L’Homme et la Mort ». En connectant science, philosophie et littérature, j’ai mis en place une anthropologie qui liait l’aspect biologique de l’être humain, mortel comme tout vivant, et ses dimensions mythiques ou imaginaires qui le conduisent « au-delà » de la mort.
Edgar s’intéressait aussi aux personnalités bienfaitrices que j’ai côtoyées. Je lui narre mes rencontres avec 3 des plus grands personnages du 20ème siècle : le docteur Albert Schweitzer en 1965, Che Guevara en 1966 et Mère Teresa à Calcutta qui voulut prendre contact avec moi après avoir visité une mission humanitaire des Médecins aux pieds nus. Elle aurait voulu que je forme ses 3 000 religieuses à cette approche inédite de la médecine traditionnelle - ô combien adaptée pour traiter les plus démunis.

Edgar s’enthousiasme quand je lui signale qu’il aurait été le 4ème plus personnage du 20ème siècle : « Tu vois, Jean-Pierre, j’aurais tant aimé me rendre à Lambaréné au Gabon pour rencontrer le Dr. Schweitzer !»
L’appellation de mon association l’interpelle aussi. Il me rappelle que les « Médecins aux pieds nus » ont été créés par Mao Zedong, qui voulait renvoyer les intellectuels et autres bourgeois traiter les plus pauvres.
Edgar était aussi très intéressé par la médecine et l’anthropologie, c’était un homme de la nouvelle Renaissance. Il me félicité pour avoir introduit les médecines naturelles et les huiles essentielles y compris en Chine. A chacun de mes passages je le traitais et il me remerciait pour les bons résultats sur son organisme.
D’ailleurs, Edgar était tout sauf un homme d’argent : refaire le monde avec ses amis lui suffisait. Il pouvait citer de tête certains passages de ses textes : « Chaque être humain, pour le meilleur ou pour le pire, dans l’abondance ou dans le dénuement, “porte en lui la planète tout entière”. Ainsi l’Européen aisé se lève en écoutant une radio de fabrication japonaise, boit son thé de Ceylan, enfile son jean made in USA, au moment où le miséreux du tiers-monde subit les coups du marché mondial, quitte son village à cause de la monoculture imposée par l’industrie agroalimentaire, danse sur des musiques syncrétiques en buvant du Coca-Cola. Tous les fragments d’humanité se sont déposés en eux. »

« Je peux t’avouer que ma vie ne fut pas un fleuve tranquille », me confie-t-il. « J’ai connu des réprobations, des commentaires désobligeants. Philosophes, sociologues, scientifiques grognent et grommellent dès qu’on prononce mon nom et l’allergie que je leur inspire fait qu’ils ne peuvent souffrir de m’entendre [...]. J’ai été pendant trente ans solitaire, marginal, hors mode, pendant que régnaient sartrisme, althussérisme, lacanisme, foucaldisme, deleuzisme, sociologisme, marxisme, structuralisme ».
Quand on songe à la notoriété internationale d’Edgar Morin, à sa présence imposante dans quasiment tous les débats intellectuels et politiques de notre temps, aux hommages qui partout lui sont adressés – une foule d’universités dans le monde l’ont fait docteur honoris causa –, on a du mal à croire qu’il y a une trentaine d’années il ait pu se définir comme un marginal mal-aimé. Lui qui s’est si souvent senti exclu a fini sa vie en vieux sage éclairé et admiré par le plus grand nombre.
Ce penseur de la complexité, coquet et mutin, n’aimait au fond rien tant que les plaisirs simples : la chaleur d’un rayon de soleil, la douceur d’un moment partagé avec la femme qu’il aimait, la beauté des jonquilles, la magie toujours renouvelée de la lecture et de l’écriture.
Depuis une quarantaine d’années, il est traduit, invité et honoré dans le monde entier. Ses idées ont inspiré des réformes scolaires, comme celle du second degré au Brésil et l’introduction de la « pensée complexe » dans des universités du Mexique, de Colombie, de Bolivie, du Pérou ou de Saint-Domingue. La Multiversidad Mundo Real, une université privée située à Hermosillo, au Mexique, a même été baptisée de son nom. Car Edgar Morin est une star en Amérique latine. Sans doute parce que « les métissages culturels y favorisent l’ouverture d’esprit », m’expliquait-il.

Notre dernière rencontre

Il me reçoit aux côtés sa femme, la sociologue Sabah Abouessalam qui ne le quitte pas d’un pouce. « C’est mon « rocher », elle m’est indispensable » me dit-il. Sa voix est devenue plus douce. Je remarque qu’il est appareillé et lui signale que moi aussi j’ai des problèmes auditifs - je n’entends plus que d’une oreille car l’autre n’a pas résisté aux blasts des B52 qui survolaient la piste Hô Chi Minh. Et c’est parti pour le récit de certains épisodes de la guerre du Viêtnam. Edgar reste un affamé d’événements ou de gens qui frappent l’imagination. Au crépuscule de sa vie il continuait à créer des oasis de fraternité.
Avant de partir en Chine pour promouvoir les médecins alternatives, je lui fais parvenir des extraits de mon dernier livre « La biologie de la fonction religieuse ». Pour qu’un fait soit jugé scientifique, il faut 5 preuves scientifiques : je les ai trouvées ! Après lecture de mon manuscrit, l’athée qu’était Edgar reconnaît l’évidence. Il me conseille d’appeler Régis Debray qui a écrit nombre de livres sur la religion. « Jean-Pierre, où en es-tu ? Que fais-tu ? » « Je termine mon 65ème livre. Ce fut laborieux, le bénéfice est destiné à payer mes missions humanitaires. » « Chapeau, Jean-Pierre ! »
Après avoir revu ma biographie sous le titre « Les affres d’un chirurgien de guerre », j’essaie de trouver un éditeur. Partout c’est le refus : « l’état profond » (trusts pharmaceutiques) est passé par là. Edgar se propose de faire le nécessaire pour m’en trouver un.
Malheureusement il s’est éteint à Montpellier, alors qu’il s’attelait à de nouvelles rêveries d’un promeneur solitaire. Il restera comme l’énergie incarnée, léguant aux générations à venir quelques clés et une méthode pour mieux appréhender un monde lancé dans une course sans retour en arrière. Il a retrouvé l’éternité et il est heureux.

Repose en paix mon ami

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