19/06/2026
« L’objet de la pulsion est celui-là même dans lequel et par lequel la pulsion peut atteindre son but. Il est ce qu’il y a des plus variable dans la pulsion, il ne lui est pas originellement connecté, au contraire il ne lui est adjoint qu’en raison de son aptitude à rendre possible la satisfaction. Il n’est pas nécessairement un objet étranger, mais il est tout aussi bien une partie du corps propre.»
Sigmund Freud (1915). Pulsions et destins de pulsions.
Ce week-end à l’Espace Reuilly et par zoom: Journées d’étude - De la pulsion chez Freud au mystère d’un corps parlant.
Inscriptions: https://www.freud-lacan.com/produit/de-la-pulsion-chez-freud-au-mystere-dun-corps-parlant/
17/06/2026
« Newton, cette loi qui introduit dans le monde exactement la place du sujet, elle n’est soutenable que d’un décret divin maintenu à chaque instant. Il n’en reste pas moins que c’est cette loi qui a définitivement exorcisé la physique de ce qui n’a jamais pu y reparaître, l’âme du monde. Contradiction décisive qui participe de la catégorie de l’impossible.
Pour que la psychanalyse puisse dire ici son mot autrement que d’une façon grossièrement psychologisante, il faut la repérer elle-même par rapport à cette révolution de la pensée. L’essentiel dans l’inconscient de Freud n’est pas d’être un autre centre, mais interpréter. [...]
Ce qui fixe ses bornes au pouvoir de la psychanalyse. Elle n’opère que dans le champ de la toute-puissance de la pensée. Là où il n’y a pas de pensée, pas de structure du sujet, la psychanalyse est impuissante. »
Jacques Lacan : LE SUJET DE LA PULSION, Conférence faite à l’E.N.S. le 11 décembre 1966
Inscription aux journées: https://www.freud-lacan.com/produit/de-la-pulsion-chez-freud-au-mystere-dun-corps-parlant/
15/06/2026
“Que la fin de l’analyse permette de reconnaître et de nommer l’enjeu dont il s’agit avec le féminin ne veut pas dire que cet enjeu n’existe pas hors analyse.
C’est peut-être le privilège (mais peut-on vraiment parler de privilège ?) des femmes de ne pas pouvoir s’éviter, de ne pas pouvoir s’épargner la confrontation avec cette tension, voire ce déchirement à l’occasion, qui d’une part les voue aux enjeux de la jouissance phallique, et d’autre part les en détourne, aux prises qu’elles sont avec cette obscure autre-jouissance, hors langage.
Là où l’homme pourra pendant longtemps camper sur ses fondements phalliques, la femme sera très tôt sollicitée de faire avec ce trou dans l’Autre qui l’oblige sans cesse à produire une solution à cette défaillance symbolique.”
Marie Pesenti-Irrmann (2006). La mère et le féminin. La clinique lacanienne, 11(1).
Image: Gustav Klimt, Les Vierges (1913)
12/06/2026
La science et la vérité – “ [...] non seulement on ne peut pas s'entendre mais on ne peut pas faire couple. Et puis, bon, alors, il y a dans ce texte une affirmation absolument originale, merveilleuse, et qui vous a sûrement parue incompréhensible, puisqu'elle dit que le sujet moderne date de Descartes, cogito ergo sum. Lacan dit, voilà, c'est la naissance du sujet contemporain, celui qui vit en nous. Vous avez compris ce que ça veut dire ? Que le sujet auquel nous avons à faire dans la psychanalyse, c'est le sujet mis en place par Descartes.”
Commentaire de Charles Melman du texte de Lacan “ La science et la vérité”,
à retrouver sur : https://ephep.com/ressources/ch-melman-commentaire-texte-lacan-science-et-verite
Source image : Frans Hals, Portrait de René Descartes, Musée du Louvre
11/06/2026
C'est ce soir... à l'association et par zoom. Nous entendrons Stéphane Thibierge, président de l'ALI, nous parler dans le cadre des Cinq séances sur le transfert, de sa lecture croisée de "Fin de partie" de Samuel Beckett avec celle du sujet dans le transfert quand il arrive au terme d'un parcours analytique. Inscription préalable au secrétariat de l'ALI .
09/06/2026
“ Et, là encore, nous nous trouvons en posture d’éclairer des difficultés qui sont posées d’une façon manifeste, avouée, aux historiens, romanistes, philologues, aux spécialistes qui se sont attachés à ce problème et qui, d’un commun aveu, reconnaissent que ce phénomène de l’amour courtois se présente comme quelque chose qu’ils ne sont d’aucune façon parvenus à réduire, dans son apparition historique, à aucun conditionnement repéré.[...]
Le problème a sa source dans la communication de quelque chose qui s’est produit « à côté ». Encore faut-il savoir comment ça s’est produit « à côté ». Mais précisément dans ce cas, c’est bien ce qui échappe, et la notion de recours aux influences est aussi bien quelque chose qui là est loin d’avoir éclairci le problème. [...] À ce titre donc, c’est non seulement pour sa valeur d’exemple que je le prends, mais pour sa valeur de méthode.
Ce point, très localisé, ne veut pas dire que, concernant la sublimation, tout soit à considérer dans la ligne qui est ici ouverte, à savoir la sublimation à proprement parler de quelque chose qui se situe dans la ligne du rapport homme-femme, du rapport du couple.”
Jacques Lacan (Séminaire 1959-1960) L’Ethique, leçon du 3 février 1960.
08/06/2026
La prochaine séance du Grand Séminaire aura lieu ce mardi (9 juin) à 21h dans les locaux de l'ALI (25 Rue de Lille, Paris) et par zoom.
Nous écouterons la conférence de Thierry Roth qui a pour titre “Sacré patron ! Sur quelques conséquences politiques et institutionnelles de l’écriture de l’objet a”. Omar Guerrero sera le discutant.
https://www.freud-lacan.com/le-grand-seminaire/
05/06/2026
« Donc, là où je pensais qu’il y avait un savoir, il y a un type d’organisation de mes pensées, de mes désirs, de mes conduites, dont la cause n’est rien d’autre qu’un pur objet qu’il appelle l’objet a. Dans l’histoire de la réflexion philosophique, religieuse, psychologique, jamais personne n’a avancé des thèses aussi rationalistes et évidemment susceptibles de donner à ce qu’il appelle les “parle-être” des possibilités d’éveil. Il est bien évident que, par nos conduites, nos habitudes et par ce que mettent en place nos fantasmes, nous faisons toujours les mêmes choses, nous disons toujours les mêmes choses, nous répétons les mêmes situations. Il est rare que notre œil soit ouvert sur ce qui serait un événement ou même que des événements viennent marquer notre vie. Nous sommes habituellement, dans le meilleur des cas, gentiment placides et pris dans nos habitudes. Dans cette affaire que met en place Lacan, à propos du transfert et de sa résolution, il y a quelque chose d’absolument déflagrant. C’est pourquoi, le désaccord avec un certain nombre de ses élèves était prévisible. C’était un feu d’artifice parfaitement légitime, car avancer cela rend brusquement singulièrement responsable, puisque nous sommes ordinairement en pilotage automatique."
La clinique et la résolution du transfert, Charles Melman
Image: Edward Hopper, Nighthawks, 1942
03/06/2026
“ Une mouche du coche ici s’évoque à objecter qu’il ne saurait s’agir de l’inconscient, puisque,
comme chacun sait, il ignore le temps. Qu’elle retourne à la classe de grammaire pour distinguer le temps de la chronologie, les « formes d’aspect » qui envisagent de l’énonciation ce qu’y devient le sujet, de celles qui situent l’énoncé sur la ligne des événements. Elle ne confondra pas alors le sujet de l’accompli avec la présence du passé. Elle s’éveillera sans doute à cet aperçu que la tension comporte temps et que l’identification se fait au pas d’une scansion. ”
Jacques Lacan (1961). Remarques sur le rapport de Daniel Lagache: « Psychanalyse et structure de la personnalité », N° 6, « Perspectives Structurales », pp. 111-147.
Image: Salvador Dalí - La Persistance de la mémoire (1931).
01/06/2026
“ L’objet dont il s’agit dans la relation d’objet analytique est un objet que nous devons repérer, faire surgir, situer au point le plus radical où se pose la question du sujet quant à son rapport au signifiant.
Le rapport au signifiant est en effet tel que si nous n’avons affaire, au niveau de la chaîne inconsciente, qu’à des signes, et si c’est d’une chaîne de signes qu’il s’agit, la conséquence est qu’il n’y a aucun arrêt dans le renvoi de chacun de ces signes à celui qui lui succède: car le propre de la communication par signes est de faire de cet Autre même à qui je m’adresse, pour l’inciter à viser de la même façon que moi, l’objet auquel se rapporte ce signe. L’imposition du signifiant au sujet le fige dans la position propre du signifiant.
Ce dont il s’agit, c’est bien de trouver le garant de cette chaîne, ce qui se transmet de signe en signe et doit s’arrêter quelque part [...] C’est là que surgit le privilège du phallus dans tous les signifiants. “
Jacques Lacan: Le transfert dans sa disparité subjective, sa prétendue situation, ses excursions techniques. Leçon du 19 avril 1961.
Image: Miniature d’Évrard d’Espinques, tirée du manuscrit “Lancelot en prose”, BnF.
https://www.freud-lacan.com/documents-ged/seminaire-de-preparation-au-seminaire-dete-2026/